Sur l'écran de décision, deux boutons. « Oui » reste sagement en place. « Non » s'enfuit dès qu'on l'approche, change de position, affiche « Essaie encore », puis finit par s'immobiliser hors d'atteinte.
C'est un gag. Mais il a demandé plus de réflexion qu'il n'y paraît.
Ce que le bouton ne fait pas
Le point important, et il est technique : ce bouton n'a aucun moyen de refuser. Il n'est pas « désactivé après quelques clics ». Il n'existe tout simplement aucun code capable d'enregistrer une réponse négative.
C'est une différence de nature, pas de degré. Un bouton désactivé peut être réactivé, contourné, appelé au clavier. Un bouton qui ne branche rien ne peut rien déclencher, quoi qu'on tente.
Pourquoi pas de « Non » du tout ?
Parce qu'un écran avec un seul bouton n'est pas une question, c'est une sommation. La présence du « Non » crée l'instant d'hésitation qui rend le « Oui » signifiant.
Et parce que la personne qui veut réellement refuser n'a pas besoin d'un bouton. Elle a un téléphone, et une conversation en cours. Un refus se dit ; il ne se clique pas.
Le détail qui compte
Après trois ou quatre tentatives, le bouton cesse de réagir et continue de dériver tout seul. Le nombre exact est tiré au hasard à chaque ouverture, pour que l'effet ne devienne jamais mécanique.
Cette dernière touche est délibérée. Un bouton qui s'arrête net a l'air cassé. Un bouton qui continue de flotter, hors de portée, a l'air de se moquer gentiment. La nuance est mince ; elle fait toute la différence entre un bug et une blague.
La contrainte qu'on s'est donnée
Tout cela reste borné. Le bouton ne sort jamais du cadre visible, ne recouvre jamais le « Oui », et respecte les préférences système de réduction des animations. Une plaisanterie qui casse la page n'est plus une plaisanterie.